une série de livres annuels

Dromologie 01 est disponible en librairie depuis le 23 mars 2021.

Voir le site de la maison d'éditions Eterotopia

Couverture_01

Dromologie

La dromologie, discipline de Paul Virilio face à la vitesse du monde moderne, est plus que jamais d’actualité. Dromologie sera une série de livres critiques de l’accélération en poursuivant les travaux de Paul Virilio où tout progrès technique s’accompagne de son accident et où la fin de la géographie précède la fin de l’histoire puisque le couple grec espace/temps a divorcé et que chacun roule pour lui sans se soucier de l’autre.

L’avenir est-il tragique ? Non, Dromologie porte l’espoir d’une société lucide qui se construit à partir d’une analyse objective du progrès. Cette série de livres actualisera la pensée de Paul Virilio, examinera sa réception internationale, questionnera ses formulations, repérera les démarches qui s’en inspirent dans la philosophie, les sciences humaines, la communication, l’urbanisme et au-delà.

Éditions Eterotopia
191 pages, 17,00 Euros
ISBN 9 791093 250458
Lancement début avril 2021

Auteurs

Thomas Billard
Ethel Buisson
Sean Cubitt
Florian Ebner
Brad Evans
Paolo Fabbri
Amador Fernández Savater
Alain Fleischer
Jac Fol
Borja García Ferrer
Stefan Groß-Lobkowicz
Ricardo L. Falla
Eirini Malliaraki
Andrea Mubi Brighenti
Yves Michaud
Jean Richer
Virginie Segonne
Tiziana Villani
Paul Virilio
Sophie Virilio
Hala Wardé
Sous la direction de Thierry Paquot

Travelling avant 
Avec Paul Virilio
Thierry Paquot

Dromologie promeut la pensée de Paul Virilio — inventeur de cette indisci-pline — , la confronte aux technologies numériques, l’applique aux évolutions du « capitalisme de surveillance », la développe pour rendre intelligible les innom-brables changements qui affectent la planète Terre, les humains et le monde vivant. Pourquoi des cahiers ? Car ce type de publication se prête à l’éla boration d’idées. Des cahiers sont comme un livre ininterrompu, en cours, qui s’écrit d’un numéro à l’autre. Mais aussi parce Paul était un revuiste convaincu, créant Architecture Principe avec Claude Parent, collaborant à Esprit, Cause commune, Traverses et Urbanisme, publiant dans Critique, Les Cahiers du Cinéma, l’Autre Journal, Libération, Le Monde, etc. Non sans ironie, cette publication sur la vitesse est annuelle ! Elle appelle à prendre son temps pour décortiquer la vitesse, dont le destin technologique se résume au verbe « accélérer ». Face à la numéri-sation d’une « pensée jetable », qui n’est autre que sa précarisation, nous pri vi-lé gions la contemplation, la méditation, la réflexion, la lente élaboration d’une pensée « révélationnaire ». Ainsi, par sa périodicité lente, nous nous opposons à « l’écologie grise », cette « pollution dromosphérique », générée par la vitesse qui brouille les distances et annonce le « crépuscule des lieux ».

Dromologie résolument critique se méfie de toute idéologie et à la suite de Günther Anders, dans L’Obsolescence de l’homme (1956), affirme qu’« on ne mesure pas la puissance d’une idéologie aux seules réponses qu’elle est capable de donner mais aussi aux questions qu’elle parvient à étouffer. » Tous les articles témoignent de cette démarche et n’hésitent pas à traiter des sujets qui fâchent, à aller à contre- courant des « modes intellectuelles », à ruer dans les brancards des confor mismes et autres académismes, à s’aventurer dans les chemins inexplorés qui sont autant de promesses de découvertes d’alternatives et d’autres expérimentations joyeuses et émancipatrices. Celles-ci réclament de nouveaux termes, à nous de compléter l’abécédaire inventif de Paul (« l’outre.ville » la « philofolie », le « musée de l’accident », l’« éthologie des menaces », les « intempéries de la culture », l’« écologie grise », les « nanochronologies », la « terre fatale », etc.).

Dromologie avec « L’accident viral » analyse la zoonose ; la rubrique « Cosmopolitique » regroupe des textes théoriques sur la dromocratie ; « Futurisme », présente sa méthode pédagogique originale et mesure la diffu-sion de son œuvre en Italie ; un article vieux de quarante ans, « Habiter l’inha-bituel », « nous parle plus que jamais, aussi l’avons-nous réédité ; « Profondeur de champ », convie l’art à l’aune de la critique de Paul, qui ne l’oublions pas a été maître verrier, gale riste et peintre. Au cœur du numéro, une architecte formée par Paul, nous guide dans le Pavillon du Liban, qu’elle a conçu pour la Biennale de Venise qui, à cause de la Covid-19, ouvrira avec un an de retard, espérons-le, en mai 2021. Elle y expose des Antiformes, ce qui tombe bien, car Venise résonne bien aux oreilles de Paul, fils d’immigré italien, mais aussi cinéphile averti, qui sait que le travelling y est né. On attribue à Georges Promio la réalisation du premier travelling, en 1896, pour Vues de Venise, l’opérateur avait placé sa caméra sur une gondole qui se déplaçait et filmait la ville. Ce « voyage » (to travel signifie « voyager ») permet à la caméra de « balayer » ce qu’elle filme de façon pa no-ra mique. Dromologie se veut une revue de résistance et d’espérance, qui ne craint pas d’en découdre avec les idées reçues et autres préjugés. Elle refuse de se can-tonner à la seule dénonciation des accidents propres aux progrès, à l’annonce des catastrophes que des politiques absurdes et imbéciles ne manqueront pas de provoquer, elle se joint aux lanceurs d’alertes, aux zadistes et aux transitionneurs pour pointer les « responsables » de ce dont nous les considérons « coupables ». En ce sens, elle mise sur le futur déjà présent qui peine à se déployer tant les obstacles entravent sa marche dromologique…

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